Gace Brulé, né en Champagne — sans doute du côté de Nanteuil-lès-Meaux — vers 1159, fut chevalier et l'un des plus importants trouvères de langue d'oïl. Sa vie reste mal documentée : les médiévistes situent sa naissance après 1160 et sa mort après 1213, sans certitude. Il évolua dans les milieux aristocratiques de son temps et l'on associe son nom à des protecteurs prestigieux de Champagne et de Bretagne.
Son œuvre lyrique, consacrée au registre courtois — la souffrance de l'amant, le cœur épris d'une dame, la jalousie —, privilégie une idée centrale unique dont il déploie les versants positif et négatif. Environ quatre-vingts de ses chansons nous sont parvenues, dont une soixantaine avec leur mélodie, ce qui en fait l'un des trouvères les mieux conservés ; trois de ses pièces sont citées dans le Roman de la Rose de Jean Renart. Son influence sur la tradition lyrique du nord de la France fut considérable.
Selon les chroniqueurs, il aurait trouvé la mort des suites d'un accident de tournoi vers 1186. La tradition lui attribue des mélodies comptées parmi « les plus belles, les plus délectables et les plus mélodieuses qui furent oncques oyées », ce qui en fait l'une des plus anciennes figures rattachées par le Dictionnaire à l'inspiration bretonne.
Sources : Vefa de Bellaing, Dictionnaire des compositeurs de musique en Bretagne, Ouest-Éditions, 1992 — notice du compositeur ; Wikipédia (article « Gace Brulé »).