Jean-René Quignard naît le 28 décembre 1887 à Romorantin, au sein d'une famille alsacienne d'organistes. Il meurt le 6 mai 1978 à Saint-Brieuc, à l'âge de quatre-vingt-dix ans, après avoir profondément marqué la vie musicale de la Bretagne du XXe siècle.
Il reçoit sa formation à l'École Niedermeyer de Paris, institution réputée pour son enseignement de la musique sacrée et de l'orgue. Il y remporte des premiers prix d'harmonie, de contrepoint, de fugue, de piano et d'orgue. Pour la composition, il étudie auprès de deux maîtres considérables de la fin du XIXe siècle : Eugène Gigout et Vincent d'Indy. Cette double filiation, à la fois celle de l'école d'orgue française et celle de la rigueur formelle héritée de la Schola Cantorum, irrigue l'ensemble de son écriture.
Au terme de ses études, Quignard est nommé organiste de l'église Notre-Dame de Versailles, où il succède à Paul Fauchet. Il y exerce pendant vingt-cinq ans, menant de front sa carrière d'instrumentiste liturgique et son activité de compositeur. Durant la Seconde Guerre mondiale, il quitte la région parisienne pour s'établir en Bretagne. De 1942 à 1948, il dirige l'École nationale de musique de Saint-Brieuc, contribuant à la structuration de l'enseignement musical des Côtes-du-Nord. Il demeure ensuite à Saint-Brieuc après sa retraite, continuant d'y composer jusqu'à un âge avancé.
L'œuvre de Quignard est abondante et embrasse de nombreux genres : musique de chambre, pièces pour piano, mélodies, musique religieuse (motets, pièces pour orgue et harmonium), ainsi que des partitions de plus grande ampleur. Sa Sonate pour violon et piano et la mélodie Soir de Toussaint furent toutes deux primées au Salon des musiciens français. Son oratorio La Fuite en Égypte reçut un grand prix au concours de la Guilde internationale de Sainte-Cécile, tandis que l'ensemble de sa production lui valut en 1937 le prix de la Conférencia.
Profondément attaché au patrimoine musical de sa terre d'adoption, Quignard s'intéresse de près au chant populaire breton. Il en harmonise plusieurs pour chœur ou pour piano, et puise dans cette matière folklorique l'inspiration d'œuvres comme les Esquisses Armoricaines et La Ballade des petits ânes de Cesson, du nom de la pointe de Cesson près de Saint-Brieuc. Cet ancrage breton fait de lui l'une des figures de la création musicale armoricaine du XXe siècle.
Son catalogue comprend également une importante production destinée à la pédagogie et à l'instrument-roi : recueils pour jeunes pianistes tels que Les Heures récréatives du Jeune Pianiste, Le Petit Symphoniste ou la Symphonie enfantine, ainsi que de nombreuses pages liturgiques pour orgue et harmonium, parmi lesquelles ses Cantilènes pour orgue, encore jouées et enregistrées aujourd'hui. Quignard fut distingué comme chevalier des Arts et Lettres et officier d'Académie.