Daniel Daniélis, dont le nom est le plus souvent latinisé en Danielis, naît à Visé, près de Liège, en 1635, et meurt à Vannes en 1696. D'origine liégeoise, il se forme à Maastricht et est organiste à l'église Saint-Lambert avant d'entamer une carrière qui le conduira de l'Europe germanique à la Bretagne.
Entre 1661 et 1681 environ, Daniélis occupe la fonction de maître de chapelle (Kapellmeister) à la cour de Mecklembourg-Güstrow, dans le Saint-Empire. Ce séjour dans les terres luthériennes du nord de l'Allemagne l'inscrit dans les réseaux musicaux germaniques de son temps, ce qui explique notamment la présence d'un grand nombre de ses motets dans la célèbre collection Düben, conservée à la bibliothèque de l'université d'Uppsala, en Suède.
Âgé d'environ quarante-six ans, le compositeur arrive en France. Après quelques mois passés à Paris, il se présente au concours pour intégrer la Chapelle royale de Versailles, où il échoue. Il choisit alors de s'établir en Bretagne, dans la ville de Vannes, où il est nommé maître de musique de la cathédrale en 1684. Il y demeurera jusqu'à sa mort en 1696.
L'œuvre conservée de Daniélis est presque entièrement constituée de petits motets : on en dénombre quelque soixante-douze, dont une cinquantaine pour une ou deux voix accompagnées de la basse continue, souvent enrichies de parties instrumentales (deux violons par exemple). Du fait de ses origines et de son parcours, sa production se situe au cœur du mélange des styles français et italien qui caractérise le genre du petit motet à la fin du XVIIe siècle. Parmi les pièces qui nous sont parvenues figurent Salve mi Jesu, Ad gaudia caeli, Caeli rores, Super flumina Babylonis, Ad fontes amoris, Adoro te mea salus, Attolite portas, Paratum cor meum ou encore Jesu dulcissime pastor.
Les contemporains de Daniélis le tenaient en estime exceptionnelle, comme en témoignent les copies multiples de certaines de ses pièces. Le théoricien et collectionneur Sébastien de Brossard prit ainsi grand soin de copier ou de faire copier pour sa bibliothèque un nombre considérable de ses petits motets ; douze autres figurent dans la collection rassemblée par Philidor. L'essentiel de son œuvre, manuscrit, est aujourd'hui conservé au département de la musique de la Bibliothèque nationale de France et dans la collection Düben d'Uppsala.
Un catalogue complet de l'œuvre de Daniel Daniélis a été établi par la musicologue Catherine Cessac, du Centre de musique baroque de Versailles (CMBV), et publié en 2003. Son œuvre a fait l'objet de plusieurs enregistrements, notamment le cycle de onze petits motets Caeleste convivium par l'Ensemble Pierre Robert sous la direction de l'organiste Frédéric Desenclos.