Léon Karren, né le 5 juillet 1854 à Vaugirard (aujourd'hui Paris) et mort le 8 février 1920 à Château-d'Oléron (Charente-Maritime), est un chef de musique militaire et compositeur français, figure majeure de la vie musicale brestoise pendant quatorze années décisives à la fin du XIXe siècle.
Il se forme au Conservatoire de Paris sous la direction de François Bazin et de Théodore Dubois, deux des grands maîtres de la pédagogie musicale française du Second Empire et de la IIIe République. Il y obtient un premier prix d'harmonie en 1875 puis un premier prix de contrepoint et fugue en 1878, témoignant d'une formation académique de très haut niveau.
En 1879, il est nommé chef de la Musique des équipages de la flotte à Brest, poste prestigieux qu'il occupe pendant quatorze ans. Dans la grande ville maritime bretonne, il déploie une activité multiforme exceptionnelle : il crée des classes d'harmonie gratuites le lundi matin pour les musiciens désireux de se perfectionner, et organise de nombreux concerts sur le Cours d'Ajot, à bord du Borda — l'illustre vaisseau-école de la Marine — ou dans les églises de la ville. En 1892, il compose une Aubade bretonne à l'occasion de la visite du président de la République à Brest, témoignage de son inscription dans le patrimoine musical local.
Léon Karren est l'auteur d'environ soixante œuvres, en grande majorité composées durant son séjour brestois : pièces pour orchestre d'harmonie, transcriptions, fantaisies, marches et œuvres de circonstance. Son Concerto pour clarinette, conservé à la BnF, témoigne de la qualité de son écriture instrumentale.
Figure de l'âge d'or des musiques militaires françaises, Léon Karren incarne le type même du chef-pédagogue qui, par son engagement à Brest, a profondément structuré la vie musicale de la cité maritime à la veille du XXe siècle, dans la lignée de ses prédécesseurs Léon Chic et Joseph Farigoul.