Dan Ar Braz, de son vrai nom Daniel Le Bras, naît le 15 janvier 1949 à Quimper, en Bretagne. Guitariste autodidacte, il apprend l'instrument vers l'âge de treize ans, nourri par l'écoute de musiciens comme Hank Marvin (The Shadows) et le folk britannique de Bert Jansch. Très tôt, il affirme une identité bretonne revendiquée : le nom de scène « Dan Ar Braz », forme bretonnisée de son patronyme, lui est suggéré par Alan Stivell.
En 1967, sa rencontre avec Alan Stivell marque un tournant décisif. Dan Ar Braz devient le guitariste électrique de l'ensemble de Stivell et participe pendant plus d'une décennie à la genèse de la musique celtique moderne, contribuant à plusieurs de ses albums majeurs du début des années 1970. Sa sonorité de guitare électrique constitue l'une des signatures de cette période fondatrice du renouveau celtique. À l'époque où il évolue dans la mouvance du folk-rock britannique, il est cité par la presse spécialisée anglaise comme l'un des guitaristes les plus remarquables de sa génération.
À partir du milieu des années 1970, Dan Ar Braz s'émancipe et entame une carrière personnelle. Il se rapproche de la scène britannique et joue notamment avec le groupe de folk-rock Fairport Convention à compter de 1976. De retour en Bretagne, il enregistre une série d'albums solo, souvent instrumentaux et intimistes, où sa guitare déploie un lyrisme contemplatif inspiré des paysages et de la culture bretonne. Cette période installe son style reconnaissable, mêlant folk progressif, climats atmosphériques et héritage celtique.
Le sommet de sa carrière s'ouvre en 1993 lorsqu'il réunit, pour le Festival de Cornouaille à Quimper, un vaste ensemble pan-celtique baptisé L'Héritage des Celtes, rassemblant des musiciens venus de Bretagne, d'Irlande, d'Écosse, du Pays de Galles et de Galice. Le projet rencontre un succès phénoménal : l'album fondateur s'écoule à plusieurs centaines de milliers d'exemplaires et les concerts attirent des foules considérables, jusqu'aux grandes salles parisiennes comme Bercy et le Zénith. C'est dans ce cadre que s'impose son thème instrumental le plus célèbre, Borders of Salt (en breton Marzoù Halen), devenu un véritable hymne, repris en concert, en versions symphoniques et par de nombreux ensembles.
En 1996, porté par cette dynamique, Dan Ar Braz représente la France au Concours Eurovision de la chanson, interprétant une chanson en langue bretonne — geste hautement symbolique pour la reconnaissance des cultures régionales. L'Héritage des Celtes poursuit son aventure jusqu'à un final rassemblant des dizaines de milliers de spectateurs au tournant de l'an 2000, avant que l'ensemble ne cesse ses activités.
Couronné par deux Victoires de la musique et par un Grand Prix de la SACEM, Dan Ar Braz a continué d'enregistrer et de se produire, privilégiant des œuvres pour guitare célébrant le patrimoine breton et celtique, avec des albums comme Cornouailles Soundtrack (2014) et Dan Ar Dañs (2018). Au fil de près d'un demi-siècle de carrière, il a multiplié les collaborations, demeurant l'une des figures les plus influentes et respectées de la musique celtique contemporaine.