Dominig Bouchaud, francisé Dominique Bouchaud, naît en 1957 à Nantes. Il grandit dans un environnement musical, sa mère étant elle-même harpiste, ce qui oriente très tôt sa vocation. Il suit d'abord une formation classique : après des études au conservatoire de sa région natale, il étudie la harpe à pédales au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, dans la classe de Jacqueline Borot, où il obtient en 1978 un premier prix de harpe à l'unanimité du jury. Il se perfectionne ensuite auprès de Pierre Jamet.
À la fin des années 1970, sa rencontre avec des musiciens irlandais et bretons, notamment au Festival interceltique de Lorient et dans le cadre du concours Kan ar Bobl, marque un tournant décisif. Bouchaud délaisse progressivement la harpe à pédales pour se consacrer à la harpe celtique et à la musique traditionnelle. En 1980, il remporte deux premiers prix : au concours Kan ar Bobl et au concours interceltique de Killarney, en Irlande. Ses séjours en Irlande et la fréquentation de figures comme Janet Harbison nourrissent durablement son approche de l'instrument.
Sa démarche artistique vise à réconcilier le caractère modal et monodique de la musique bretonne avec les possibilités polyphoniques de la harpe, et à faire reconnaître celle-ci comme un véritable instrument traditionnel breton, et non comme un simple instrument d'accompagnement. Depuis 1981, il est professeur de harpe au département de musique traditionnelle du conservatoire de Quimper, où il enseigne également l'improvisation libre. Premier harpiste à obtenir le certificat d'aptitude (CA) de professeur de musique traditionnelle, il anime de nombreuses master-classes en France et à l'étranger.
En 1985, il reçoit le premier prix du concours international de Dinan pour sa composition Discorde, suite pour harpe celtique. Son catalogue de compositeur et d'arrangeur comprend de nombreuses pièces originales et transcriptions pour harpe celtique, parmi lesquelles Telenn (1984) et Discorde (1985). Sur le plan discographique, il publie l'album Vibrations, réunissant des interprétations de musiques bretonnes, irlandaises et écossaises ainsi que des pièces médiévales, bulgares et sud-américaines, puis Heol Dour (« Soleil d'eau »), enregistrements salués par la presse internationale. Plusieurs de ces pièces sont réalisées avec le hautboïste Cyrille Colas, au sein d'un duo hautbois et harpe. Bouchaud a par ailleurs collaboré avec la chanteuse Anne Auffret, l'ensemble médiéval Walsingham et le luthiste et harpiste Hervé Barreau.
Son apport pédagogique est considérable. Il conçoit la méthode Harpe d'or, outil ludique devenu une référence pour l'apprentissage de la harpe celtique, fidèle à l'esprit de la musique traditionnelle. Il publie également le Panorama de la harpe celtique, en deux volumes consacrés aux musiques des pays celtiques, recueils largement adoptés dans les conservatoires. Sa pédagogie met l'accent sur la créativité de l'élève, le jeu collectif et la compréhension du contexte historique et culturel des pièces. Désormais retraité de l'enseignement, il demeure une figure tutélaire de l'école française de harpe celtique, dont l'influence se mesure à travers plusieurs générations de harpistes formés à ses méthodes et à son répertoire.
Œuvres (d'après le Dictionnaire des compositeurs de musique en Bretagne) — toutes pour harpe celtique : Panorama de la harpe celtique, 50 pièces choisies et arrangées (musique de la Renaissance, baroque et romantique, musiques traditionnelles de Bretagne, Irlande, Bulgarie, Pérou…), Éditions Musicales Transatlantiques ; Discorde, en 4 parties (1. Discorde, 2. Trubuilhuz, 3. Eclipse, 4. Rêve, 14', 1985) ; une dizaine de pièces destinées aux enfants ; harmonisations de mélodies bretonnes avec variations. Discographie : Diou delenn (avec M. Larc'hantec, B.A.S. n°308) ; L'art de la harpe en Europe pendant la Renaissance (Arion 36755) ; Merveilles de la Bretagne (musique du film « Connaissance du Monde » de L. Panassié) ; Vibrations (compact-disc KMCD 03).