Jef Le Penven, né le 3 novembre 1919 à Pontivy (Morbihan) et mort le 30 avril 1967, est un compositeur, chef d'orchestre et arrangeur français, figure essentielle de la modernité musicale bretonne du milieu du XXe siècle et l'un des principaux artisans du renouveau de la musique savante d'inspiration celtique.
Douzième enfant d'une famille d'ébénistes pontivyens, il grandit dans une atmosphère de musique traditionnelle vernaculaire et apprend à jouer la bombarde — le hautbois breton — dès l'enfance. Cette double imprégnation, populaire et instrumentale, ne le quittera jamais. Il se forme au Conservatoire de Paris en 1937, puis devient en 1940 chef d'orchestre de l'Orchestre de Bretagne à Rennes — poste stratégique pour porter une vision rénovée de la musique régionale.
Il adhère aux idées novatrices du mouvement culturel Ar Seiz Breur ("Les Sept Frères"), qui rejette les clichés du folklore breton pour s'inspirer d'une modernité savante. Cette ligne esthétique, partagée par une génération entière d'artistes bretons (peintres, écrivains, musiciens), refuse la pittoresque carte postale au profit d'une expression contemporaine authentiquement enracinée.
Il consacre sa vie à la Bretagne, et tout dans son œuvre s'y rapporte : chants, danses, pièces d'orgue, ainsi qu'un important corpus symphonique et religieux. Son air le plus célèbre, Me zo ganet e kreiz ar mor (« Je suis né au milieu de la mer »), composé sur le poème de Yann Ber Calloc'h, est devenu un véritable hymne breton, repris par d'innombrables interprètes. Son œuvre majeure comme compositeur est la Cantate du bout du monde (Kanadenn penn ar bed), dans laquelle il déploie pleinement sa synthèse de musique savante, de prosodie bretonne et de souffle épique.
Mort prématurément à 47 ans, Jef Le Penven laisse l'image d'un musicien total — créateur, chef d'orchestre, militant culturel — qui aura, plus que tout autre de sa génération, su faire entendre une Bretagne moderne, savante et fière de son identité.