Loeiz Ropars naît le 2 février 1921 à Poullaouen, dans le Finistère, au cœur du pays du kan ha diskan, ce chant alterné « à répondre » qui accompagne la danse traditionnelle. Très jeune attaché à cette pratique vocale, il fonde dès juillet 1939 le groupe des Mesaerien Poullaouen (« les bergers de Poullaouen ») afin de préserver et de transmettre ce répertoire.
Après des études universitaires à Rennes, il devient professeur de lettres, enseignant le français, le grec et le latin, ainsi que le breton chaque fois qu'il le peut, dans plusieurs établissements de Quimper. Installé dans la capitale de la Cornouaille à partir des années 1940, il s'investit immédiatement dans la vie culturelle bretonne : il participe à la fondation du Cercle celtique de Quimper et, en 1949, à celle de la Kevrenn C'hlazig, qui deviendra le célèbre Bagad Kemper, dont il fut l'un des premiers responsables. Il prend également part à la création de la confédération Kendalc'h en 1950.
Son apport décisif tient toutefois au renouveau du fest-noz. Constatant le déclin de la danse chantée, il organise le 26 décembre 1954, dans la salle de Poullaouen, le premier concours de kan ha diskan, destiné à reformer des couples de chanteurs (kaner / diskaner) capables de mener des danses. Le succès est immédiat, et l'expérience se reproduit à Poullaouen en 1955 et 1956, puis essaime dans d'autres communes : Spézet, Châteauneuf-du-Faou, Gourin, à la fin des années 1950. Cette dynamique aboutit à la naissance d'une forme nouvelle de fest-noz, organisé en salle avec des chanteurs sur une scène, que les historiens considèrent comme le « fest-noz moderne ». La formule du « bal breton », adaptée à un public urbain et notamment à la jeunesse, s'impose à la fin des années 1950 et est adoptée par le Festival de Cornouaille à Quimper.
Soucieux de structurer ce mouvement, Loeiz Ropars fonde en 1964 l'association Al Leur Nevez (« la nouvelle aire à battre »), vouée à la promotion de la danse, du chant et de la langue bretonne. Tout au long de sa vie, il continue de chanter, d'enseigner la danse et de transmettre le répertoire, gravant plusieurs enregistrements de kan ha diskan, notamment pour le label breton Mouez Breiz. Ses captations, souvent en duo de chant à danser, témoignent d'une pratique vivante du kan ha diskan gwechall, le chant d'autrefois.
Reconnu comme l'un des « gardiens de la mémoire » de la tradition orale bretonne, Loeiz Ropars est distingué en 1995 par l'Ordre de l'Hermine, plus haute distinction culturelle bretonne. Il meurt le 3 novembre 2007 à Quimper, à l'âge de 86 ans, laissant l'héritage d'un homme dont l'action a durablement transformé la pratique du fest-noz et du chant traditionnel en Bretagne.