Youenn Gwernig, né Yves Guernic le 10 mai 1925 à Scaër (Finistère) et mort le 29 août 2006 à Douarnenez, est un poète, sculpteur et chansonnier breton. Formé à la sculpture sur bois, il apprend aussi la cornemuse dans sa jeunesse et rejoint le Bagad Kemper au début des années 1950, après avoir rencontré Polig Monjarret.
Travaillant comme sculpteur sur bois dans la région de Huelgoat, il fait la connaissance du chansonnier Glenmor, qui l'invite à rejoindre la troupe « Breizh a Gan », présentée comme l'un des premiers ensembles de spectacle en langue bretonne de l'après-guerre. De cette rencontre fondatrice naît sa vocation de chanteur en breton.
En 1957, Gwernig émigre aux États-Unis avec sa femme et ses filles. Installé dans le Bronx à New York, il fréquente à partir du début des années 1960 les écrivains de la Beat Generation et se lie d'amitié avec Jack Kerouac, avec qui il correspond. De cette période américaine naît une œuvre poétique bilingue, en breton et en anglais, nourrie de la nostalgie de la Bretagne et de l'expérience de la grande ville américaine. Cette expérience sera plus tard relatée dans son récit La Grande Tribu (1982).
De retour en Bretagne en 1969, il s'installe à Locmaria-Berrien et collabore avec des musiciens de la nouvelle génération comme Patrick Ewen et Gérard Delahaye. Il publie en 1972 le recueil de poésie An Toull en nor, puis enregistre ses premiers albums : Distro ar Gelted (1974) et E-kreiz an noz (1976), qui comptent parmi les jalons de la chanson bretonne à texte. Il poursuit son œuvre discographique avec Emañ ar bed va iliz (1990) et Foeter Bro / Just a traveller (1994). Plusieurs de ses chansons, comme E-kreiz an noz ou Tuchenn Mikael, sont devenues des classiques du répertoire breton, encore largement reprises.
Engagé pour la langue et la culture bretonnes, il contribue à la création de médias en breton et dirige les programmes en langue bretonne de FR3 (1983-1989). Il reçoit le prix Xavier de Langlais en 1996. Il laisse le souvenir d'un artiste à la fois enraciné et universel, ayant aidé les Bretons à renouer avec la richesse de leur culture populaire. De nombreux hommages lui ont été rendus : un centre culturel à Scaër, une médiathèque à Pont-de-Buis portant son nom, une scène du Festival des Vieilles Charrues, et un album hommage, Pedadenn (2014), réunissant sa famille et des musiciens amis.