Pierre-Yves Moign naît à Brest le 5 septembre 1927 et meurt dans cette même ville le 18 mars 2013, à l'âge de 85 ans. Originaire du Léon, il se forme à la composition au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, où il obtient un premier prix de contrepoint en 1952. Sa toute première œuvre jouée en public est une musique de scène composée pour le premier spectacle du mime Marcel Marceau, en 1948 — création qui le révèle alors qu'il n'a que vingt et un ans.
À partir des années 1950, Moign oriente durablement son travail vers la musique traditionnelle bretonne, dont il devient l'un des artisans du renouveau. Il fonde successivement plusieurs ensembles : Son ha koroll en 1955, qui enregistre notamment pour le label Barclay, puis surtout les Kabalerien (Ar Gabalerien) à partir de 1961. Avec ces formations, il réalise plusieurs disques, se produit jusqu'à l'Olympia, effectue des tournées à travers l'Europe et participe à des émissions de radio et de télévision, contribuant à diffuser la musique bretonne auprès d'un large public.
Parallèlement à sa carrière d'interprète et de chef d'ensemble, il mène une œuvre de compositeur étendue, écrivant pour des formations vocales et instrumentales variées et composant de nombreuses pièces pour harpe celtique. Il s'investit également de manière soutenue dans la pédagogie musicale et fonde une chorale d'enfants. Son catalogue comprend des arrangements et des compositions inspirés du répertoire traditionnel breton, parmi lesquels la gwerz Gwerz Morvan, Salaün ar Foll et la danse Pach pi, ainsi que des musiques de scène.
De 1978 à 1999, Pierre-Yves Moign dirige le Centre breton d'art populaire, institution brestoise créée à son initiative, où il organise concours de musique traditionnelle, concerts, échanges culturels et actions de transmission. Cet engagement institutionnel prolonge sur plusieurs décennies son rôle de passeur entre la création savante et le patrimoine populaire breton.
Dans les dernières années de sa carrière, il réalise l'orchestration de plusieurs œuvres de Didier Squiban, et notamment des deux grandes partitions destinées à l'Orchestre national de Bretagne : la symphonie Bretagne (2000) et la symphonie Iroise (2004), où son métier d'orchestrateur met en valeur les mélodies bretonnes au sein d'un large effectif symphonique. En reconnaissance de l'ensemble de son apport à la culture bretonne, il reçoit le Collier de l'Hermine en 2004, à Châteaubriant.