Didier Squiban naît le 23 septembre 1959 à Ploudalmézeau, dans le Finistère, sur les terres du pays d'Iroise auxquelles son œuvre restera profondément attachée. Révélant très tôt une aptitude pour le piano, il commence l'instrument vers l'âge de sept ans. Il est confié au compositeur brestois Pierre-Yves Moign, qui lui enseigne le piano, puis à Antoinette Keraudren, avec laquelle il découvre l'orgue et un répertoire élargi. Après une scolarité secondaire à Brest et des études supérieures à Rennes et Paris, il obtient l'agrégation de musicologie en 1988.
Dès 1977, il forme un big band, Sirius, et découvre Bill Evans, dont l'influence marquera durablement son jeu pianistique. Cette même année jalonne le début d'un parcours où se croisent deux mondes : celui du jazz et celui des musiques bretonnes. Son langage musical se nourrit aussi bien des grands noms du jazz — Duke Ellington, Keith Jarrett, Charlie Parker, Bill Evans — que de la tradition classique, de Debussy et Erik Satie à Stravinsky, Darius Milhaud, Schönberg ou encore Glenn Gould. De cette synthèse naît un style singulier, où la mélodie traditionnelle bretonne est portée par une harmonie de jazz et un souffle romantique.
Le tournant de sa carrière survient en 1993, lorsqu'il participe au spectacle L'Héritage des Celtes de Dan Ar Braz et accompagne au piano le chanteur Yann-Fañch Kemener. Cette rencontre donne lieu à une longue collaboration, fixée sur plusieurs albums, qui contribue à faire dialoguer le chant traditionnel breton (kan ha diskan, gwerz) avec le piano. En 1996, il crée Penn ar Bed.
En mai 1997, sur l'île de Molène, terre de ses ancêtres, Squiban enregistre dans l'église du village, sur un piano, son premier album de piano breton en solo : Molène. Publié le 3 octobre 1997, l'album rassemble dix-huit pièces organisées en trois suites — la Suite n° 1 « Tri men » (Ar baradoz, An alarc'h, Suite d'an dro du pays vannetais, Ledenez, Kost ar c'hoat, Tri men), la Suite n° 2 « Ker eon » (Iroise, Suite de gavottes des montagnes, Ar skoliater, Trugerekat men dous, Ker eon, Kerzhadenn - Pedenn, Variations sur laridés à six temps) et la Suite n° 3 « Bannec » (Marche des conscrits du Faouët, Enez Eusa, Me 'zo ganet e kreiz ar mor, An oed a driwec'h vlez, Bannec). Ce disque, qui marque l'entrée du piano dans le répertoire de la musique bretonne contemporaine, est récompensé par le Grand prix du disque « Produit en Bretagne » et un Diapason d'Or.
Le succès de Molène ouvre la voie à une trilogie insulaire, complétée par Porz Gwenn et Rozbras. Squiban élargit ensuite son écriture à l'orchestre : en 2000, il crée la Symphonie Bretagne avec l'Orchestre national de Bretagne, suivie de la Symphonie Iroise, puis, en 2013, de La Symphonie du Ponant. Sa discographie compte de nombreux titres, parmi lesquels La Plage (2006), L'Estran (2009), Adarre (2011), Live à Mexico (2011), Cordes & Lames et Molène Saison II (2012-2013). En 2012, il fonde son propre label, Didier Production, gage d'indépendance pour la diffusion de son œuvre.
Au fil des années, Didier Squiban a multiplié les collaborations, notamment avec Yann-Fañch Kemener, le projet « Breizh Connection », le danseur et musicien Raghunath Manet, la chanteuse Sheer K, ou encore Alan Simon pour les opéras-rock Excalibur et Anne de Bretagne. Figure majeure de la scène bretonne, il a su faire du piano un instrument de la mémoire insulaire et maritime de la Bretagne, en conjuguant fidélité à la tradition et liberté de l'improvisation.