Maurice Bagot, né en 1896 et mort en 1982, est un chef d'orchestre et compositeur français. Blessé puis fait prisonnier pendant la Première Guerre mondiale, il se tourne d'abord, à son retour, vers des études d'architecture avant d'embrasser la musique.
Sa formation musicale est marquée par deux maîtres reconnus : il apprend la fugue et le contrepoint auprès de Georges Caussade, pédagogue réputé du Conservatoire de Paris, et la direction d'orchestre auprès du chef allemand Hermann Scherchen, l'un des grands défenseurs de la musique moderne de la première moitié du XXe siècle.
Bagot se fait d'abord connaître comme chef d'orchestre. Il fonde la société de concerts Ars Musica, destinée à faire découvrir au public parisien aussi bien des chefs-d'œuvre oubliés que des partitions contemporaines, témoignant d'un engagement durable en faveur d'un répertoire exigeant.
Comme compositeur, il s'intéresse de près à l'œuvre de Béla Bartók et d'Alban Berg, et noue une amitié avec Luigi Dallapiccola, figure majeure du dodécaphonisme italien. Son langage évolue des modes à transposition limitée vers le dodécaphonisme, tout en intégrant des rythmes empruntés aux traditions indoues, turques et bulgares. Il résume sa démarche en cherchant à « associer l'esprit de géométrie à un goût passionné de la nature ».
Son catalogue, varié, comprend deux symphonies, une Sinfonietta, un Nocturne du Voyageur pour orchestre à cordes, un opéra-ballet Euphorion, une œuvre lyrique Oreste, une Cantate à deux voix, ainsi que des musiques de scène, dont L'anneau de Sakountala. La musique de chambre y tient une place notable, avec notamment des Inventions toscanes pour trio à cordes, un quintette à vent, À la gloire de Venise pour ensemble de cuivres, plusieurs pièces pour saxophone et un Quatuor pour quatuor de saxophones, ainsi que diverses mélodies.