Jacques Larmanjat naît à Paris le 19 octobre 1878 et meurt dans la même ville le 7 novembre 1952. Compositeur, directeur de théâtre et administrateur, il est l'une des figures discrètes mais importantes du paysage musical français de la première moitié du XXe siècle, et il occupe une place particulière dans l'histoire du patrimoine musical breton par les dix années — de 1935 à 1945 — qu'il a passées à la tête du Conservatoire de Rennes.
Issu d'une famille parisienne d'origine bretonne, il reçoit sa formation musicale dans les institutions parisiennes et entre tôt dans la vie musicale de la capitale. Compositeur, il signe à partir des années 1900 un catalogue de musique de scène, mélodies, chansons et opérettes pour les grands théâtres parisiens, dont plusieurs titres restent dans la mémoire des amateurs : Un soir à la Comédie-Française, Chanson d'Armor — pièce d'inspiration bretonne devenue l'un de ses succès durables —, ainsi que des musiques de scène pour les productions du Théâtre des Champs-Élysées et du Théâtre national de l'Opéra-Comique.
Membre actif de la SACEM, il développe parallèlement une activité d'administrateur culturel. Nommé en 1935 directeur du Conservatoire national de musique et d'art dramatique de Rennes, il y demeure une décennie, à travers les années les plus difficiles de la guerre et de l'Occupation, et y maintient à un haut niveau l'enseignement musical malgré la pénurie. Il y prolonge la tradition pédagogique qu'avaient illustrée avant lui les directeurs successifs depuis la fondation de l'institution.
À la Libération, son expérience administrative lui vaut d'être appelé à la direction de la Radiodiffusion nationale, fonction qu'il exercera de 1945 à 1949. Sous sa direction, le service public radiophonique français rebâtit ses orchestres et reprend sa politique de création contemporaine. Il y joue un rôle déterminant dans la nomination des chefs et dans la programmation symphonique nationale.
Il laisse une cinquantaine d'œuvres publiées, principalement chez Schott et Heugel, ainsi que de nombreux enregistrements historiques répertoriés à la Discography of American Historical Recordings. La Bru Zane Mediabase et la BnF conservent son fonds musical et discographique. Son nom reste associé à Rennes par les anciens élèves du Conservatoire et par les historiens de la radio publique française.