Monogramme de Hippolyte Corbes
Moderne

Hippolyte Corbes

1898 – 2001 · Saint-Brieuc

Hippolyte Corbes (Saint-Brieuc, 18 novembre 1898 — Saint-Malo, 19 mai 2001) est un magistrat et musicologue breton, l'un des derniers anciens combattants de 1914-1918 encore en vie au tournant du millénaire. Président de la cour d'assises de Saint-Brieuc puis de la Société d'Émulation des Côtes-du-Nord, il a laissé de nombreuses études d'histoire régionale et de musicologie bretonne, notamment l'inventaire Les Orgues du département des Côtes-du-Nord et la monographie Émile Durand, compositeur briochin.

Hippolyte Corbes naît le 18 novembre 1898 à Saint-Brieuc et meurt centenaire le 19 mai 2001 à Saint-Malo, à l'âge de 102 ans. Il compte parmi les tout derniers anciens combattants de la Première Guerre mondiale encore vivants au tournant des années 2000. Sa figure, profondément ancrée dans la vie intellectuelle des Côtes-du-Nord (actuelles Côtes-d'Armor), associe une longue carrière dans la magistrature à une intense activité d'érudit et de musicologue au service de la Bretagne.

Issu d'un milieu sensible à la musique — sa mère était chanteuse et voyagea à travers le monde —, Corbes mène parallèlement une carrière judiciaire qui le conduit à présider la cour d'assises de Saint-Brieuc pendant plusieurs années. Au moment de sa retraite, il prend la présidence de la Société d'Émulation des Côtes-du-Nord, l'une des principales sociétés savantes de la région, dont les Bulletins et Mémoires accueillent l'essentiel de ses travaux. Il se retire ensuite à Saint-Servant avec son épouse.

Polyglotte et grand voyageur à travers les pays celtiques, Corbes consacre l'essentiel de son œuvre écrite à l'histoire et à la musicologie bretonnes. Ses publications, très variées, sont nombreuses et font de lui une référence pour les sociétés savantes de Bretagne. Parmi ses contributions les plus citées figure Les Orgues du département des Côtes-du-Nord, vaste enquête historique sur le patrimoine organistique de la région, parue en deux livraisons dans le Bulletin de la Société d'Émulation des Côtes-du-Nord (tome XCIII, 1965, et tome XCIV, 1966). Ce travail, qui inventorie les instruments et dresse notamment une liste des organistes de la basilique Notre-Dame de Guingamp, demeure une source de référence pour l'étude des orgues des Côtes-d'Armor, même si des recherches ultérieures, comme celles d'Hervé Le Goff appuyées sur les archives municipales et départementales, en ont précisé ou corrigé certains points.

Corbes s'intéresse également de près aux compositeurs de sa ville natale. Dans le tome XCII (1964) des Mémoires de la Société d'Émulation paraît son étude Émile Durand, compositeur briochin, consacrée au musicien et théoricien né à Saint-Brieuc en 1830, professeur d'harmonie au Conservatoire de Paris — où il compta Claude Debussy parmi ses élèves en 1878 — et mort à Neuilly-sur-Seine en 1903. Cette monographie illustre l'attachement de Corbes à la valorisation du patrimoine musical local.

Son œuvre d'érudit ne se limite pas à la musique. On lui doit aussi des études comme La Vie et l'Œuvre de François Vallée, consacrée au célèbre lexicographe et militant de la langue bretonne, ou encore Les Vitraux de la basilique Notre-Dame d'Espérance à Saint-Brieuc, témoignant de l'étendue de ses centres d'intérêt, du patrimoine religieux à l'histoire de l'art. Il s'est par ailleurs penché sur la musique traditionnelle bretonne, notamment sur les airs du Barzaz-Breiz de Théodore Hersart de la Villemarqué.

Davantage musicologue, historien et homme de plume que compositeur au sens strict, Hippolyte Corbes laisse le souvenir d'un savant longévif et passionné, dont les travaux continuent d'alimenter la recherche sur le patrimoine musical et historique de la Bretagne.