Claude Hermant de Saint-Benoist naît le 23 janvier 1725 à Paris, dans la paroisse Saint-Merry. Très jeune, il est admis comme enfant de chœur : en 1731, il entre à la maîtrise de la cathédrale Notre-Dame de Paris, l'une des écoles de musique les plus réputées du royaume. À partir de 1734, il y a pour maître de musique Louis Homet, sous la direction duquel il reçoit une formation complète de chantre et de compositeur. Il quitte la psallette en 1742, avant le terme habituel, avec l'autorisation du chapitre.
Sa carrière de musicien d'Église le conduit d'abord à la cathédrale de Chartres, où il est engagé de 1744 à 1746 comme chantre (haute-taille), aux gages de dix livres par semaine. En 1749, il est recruté par les chanoines de Saint-Pierre de Vannes comme maître de musique et maître de chapelle de la cathédrale. Il occupera ce poste durant plus de cinquante-trois années, jusqu'à sa mort, fait remarquable de stabilité qui fit de lui une figure centrale de la vie musicale du diocèse de Vannes au XVIIIe siècle. À ce titre, il était tenu « de composer, psalmodier, chanter et faire chanter la musique dans la cathédrale et ailleurs » chaque fois qu'on le lui demandait, et il avait la charge de la formation et de la direction des six enfants de chœur de la maîtrise.
Sa situation sociale s'élève au fil des décennies. En 1762, il épouse Marie-Françoise Lhoste de Théonne, issue d'une famille notable de Vannes, union dont naissent plusieurs enfants entre 1764 et 1769. Il est qualifié d'« écuyer » à partir de la fin des années 1760, signe de la considération dont il jouissait. En 1790, alors que les enquêtes révolutionnaires sur les musiciens d'Église dressent l'état de sa situation, il perçoit des gages de 2 000 livres, montant élevé pour un maître de musique de cathédrale provinciale.
La Révolution ne l'écarte pas de ses fonctions musicales. En 1793, il est en outre nommé chantre (taille) à la cathédrale constitutionnelle, portant ses revenus à environ 3 000 livres ; en 1795, il devient instituteur. Il acquiert par ailleurs en 1791 la maison de la maîtrise pour 1 500 francs.
De son œuvre, qui relève entièrement du répertoire sacré, quelques pièces sont documentées. Il compose, avant 1758, un Office du Sacré-Cœur, à la demande de l'évêque de Vannes, et destiné à être exécuté le troisième dimanche après la Pentecôte. En 1779 paraît à Paris sa Missa cui titulus « Judica causam meam, Domine », messe à quatre voix. Le couronnement de sa longue carrière est sans doute la publication, en 1793, du Nouvel hymnaire parisien, à l'usage des quatre-vingt-quatre Départements de la République Française, vaste recueil de plus de cinq cents pages.
Claude Hermant de Saint-Benoist meurt à Vannes le 21 mars 1802, à l'âge de soixante-dix-sept ans, rue de l'Égalité. Une rue de Vannes porte aujourd'hui son nom, perpétuant la mémoire de ce maître de chapelle qui marqua durablement la musique d'Église bretonne.