Georges Arnoux, né le 3 août 1891 à Paris et mort le 11 novembre 1971 à Vevey (Suisse), est un compositeur français issu d'une famille d'origine suisse, qui consacra une part essentielle de son œuvre à la musique d'inspiration bretonne. Il étudia l'harmonie, le contrepoint et la composition auprès de Vincent d'Indy à la Schola Cantorum de Paris, formation qui marqua durablement son écriture, attachée à la rigueur modale et au travail thématique.
Profondément attiré par la Bretagne, Arnoux possédait une maison à Brignogan, sur la côte du Léon, et apprit la langue bretonne. Dès les années 1920, il s'engagea dans les mouvements culturels bretons parisiens (cercles celtiques, milieux du Bleun-Brug), avant de rejoindre en 1939 le mouvement artistique des Seiz Breur. Convaincu de la nécessité de doter la Bretagne d'institutions musicales propres, il plaida à partir de 1934 pour la création d'un conservatoire de musique bretonne, projet qui ne vit jamais le jour. Il développa ces idées dans des écrits théoriques, notamment Conditions du répertoire musical breton (1934), puis plus tard Science et musique (1956).
Son œuvre la plus diffusée demeure le recueil 20 Chansons bretonnes, harmonisations pour chant et piano de mélodies traditionnelles, publié en 1933 (texte breton et français). Ce travail s'inscrit dans le vaste mouvement de collecte et d'harmonisation du patrimoine vocal breton qui animait alors les compositeurs régionalistes. Arnoux y applique son métier de musicien savant à la matière populaire, dans la lignée des Harmonisations de chants traditionnels bretons qui constituent l'axe central de sa production.
Parmi ses autres compositions figurent une Valse des Korrigans (1907), des Pages bretonnes pour piano (1938), et surtout la musique de scène de Koroll ar Marv hag ar Vuhez (« Danse de la Mort et de la Vie »), poème dramatique de Xavier de Langlais publié dans la revue Sav en 1938. Arnoux en composa l'accompagnement musical entre 1938 et 1941, et l'œuvre fut diffusée sur Radio-Rennes le 8 octobre 1941 ; sa partition complète fut publiée lors de la réédition de 2006. Il signa également une œuvre d'inspiration sacrée, Gethsémanie (1948).
Figure attachante du régionalisme musical breton de l'entre-deux-guerres, Georges Arnoux illustre la rencontre entre la formation de la Schola Cantorum et l'ambition de constituer un répertoire savant fondé sur l'héritage celtique. Il passa la fin de sa vie en Suisse, où il mourut en 1971.