Adolphe Piriou naît le 7 septembre 1878 à Morlaix (Finistère) et meurt le 3 février 1964 à Paris. Compositeur, violoniste et pédagogue, il appartient à la génération des Bretons nés autour de 1880 — celle de Le Flem, Ladmirault et Cras — qui a porté en France le projet d'une musique savante nourrie de la modalité celtique.
Né dans la bourgeoisie morlaisienne, il entreprend des études de pharmacie à Paris, qu'il abandonne pour se consacrer à la musique. Il étudie le violon avec Joseph Debroux puis avec Lucien Capet, l'un des grands chambristes français du début du siècle. Pour la composition, il s'inscrit à la Schola Cantorum de Vincent d'Indy, où il suit l'enseignement d'Auguste Sérieyx en contrepoint et en harmonie, et celui d'Indy en composition — chaire scolaste qui imprimera à son écriture son goût pour la grande forme, le contrepoint serré et la pensée modale.
Membre actif de l'Association des Compositeurs Bretons fondée en 1912, il signe une trentaine d'opus à dominante chambriste et symphonique : Sonate pour violon et piano (1906), Quatuor à cordes (1912), Symphonie en si bémol (1923), Suite bretonne, Légendes celtiques pour orchestre, ainsi qu'un Concerto pour violon et un nombre important de mélodies sur des poèmes de Théodore Botrel, Anatole Le Braz et Tristan Corbière. Son écriture, redevable à la fois de la rigueur indyste et du goût impressionniste, intègre fréquemment des thèmes traditionnels du Trégor et de la Cornouaille.
Piriou exerce parallèlement une activité de violoniste de chambre et de pédagogue à Paris, où il forme plusieurs générations d'amateurs et de jeunes professionnels. Son épouse, la peintre Mary Piriou (1881-1965), originaire de Pont-Aven et formée à l'École de Pont-Aven, partage sa vie et contribue à inscrire le couple dans le réseau artistique breton du début du siècle.
Il repose à Morlaix, où sa mémoire est entretenue par la Société d'archéologie du Finistère et où plusieurs de ses œuvres figurent encore au programme des festivals patrimoniaux. Sa redécouverte a été engagée au début du XXIe siècle par les chercheurs spécialistes de la Schola Cantorum et du patrimoine musical breton.