Eugène Jean-Baptiste Anthiome naît le 19 août 1836 à Lorient (Morbihan), dans une famille de chanteurs, et meurt en 1916. Issu de la Bretagne du Sud, il revendiquera tout au long de sa carrière un attachement à sa terre natale, dont témoignent plusieurs de ses œuvres aux titres évocateurs.
Il se forme au Conservatoire de Paris, où il étudie l'harmonie avec Antoine Elwart, l'orgue avec François Benoist et la composition avec Michele Carafa. En 1861, il obtient le second grand prix de Rome avec sa cantate Atala, distinction qui consacre sa formation académique et le place dans la lignée des compositeurs français de son temps.
À partir de janvier 1863, Anthiome entre comme répétiteur de la classe de piano au Conservatoire de Paris. Sa carrière pédagogique y est durable : nommé professeur adjoint de piano en décembre 1888, il y enseigne jusqu'à sa retraite, à la fin de l'année 1901. Parmi ses élèves figure le jeune Maurice Ravel, qui entre dans sa classe préparatoire de piano à partir de novembre 1889 ; Anthiome fut ainsi l'un des premiers maîtres du futur auteur du Boléro. Soucieux de transmission, il publie en 1880 une méthode destinée aux débutants, L'Art du piano.
Le catalogue d'Anthiome est dominé par une abondante musique pour piano, éditée notamment chez Leduc et Heugel : valses, polkas et pièces de genre destinées aux amateurs, qui connurent en leur temps une réelle faveur. On y trouve de nombreuses miniatures de salon — Confidence, Croquis musical, Sérénade de Pierrot, La poursuite, Romance sans paroles, Indolence ou encore le Menuet favori (de Madame de Maintenon) — ainsi que des recueils à visée pédagogique comme les Études du second degré.
Sa production ne se limite pas au seul piano. Anthiome écrivit des mélodies, dont des Mélodies bretonnes reflétant ses origines, de la musique de chambre — notamment un Grand Trio pour piano, violon et violoncelle — et des œuvres orchestrales, parmi lesquelles une Grande Marche funèbre dédiée à Meyerbeer et le poème symphonique Sommeil et triomphe de Bacchus. Il s'illustra également au théâtre lyrique avec des opéras comiques et des opérettes composés entre les années 1860 et 1880.
Longtemps tombé dans l'oubli, Anthiome a fait l'objet d'un regain d'intérêt à l'époque contemporaine, notamment grâce aux travaux de redécouverte du répertoire français menés par des ensembles spécialisés et par le Palazzetto Bru Zane, qui ont remis en lumière ce témoin discret mais représentatif de la vie musicale française du second XIXe siècle.
Œuvres (d'après le Dictionnaire des compositeurs de musique en Bretagne) — A un ange, mélodie sur une poésie d'Alphonse Boeul (1893) ; Air de ballet, pour violon et piano (1877) ; Allemande, pièce pour clavecin (1904) ; Berceuse, mélodie sur des paroles d'E. Tourneur (1868) ; Chanson de Nemorin et Chanson d'Estelle, sur des paroles de Florian (1873) ; Chanson norvégienne, pour violon et piano (1898) ; Concerto en ut mineur pour piano et orchestre (1899) ; Fantaisie romantique pour violon et piano (1889) ; Fugue en sol majeur pour piano (1899) ; Six Mélodies bretonnes (1900) : 1. Vos binious les gas, 2. Les gas d'Islande, 3. Dors mon gas, 4. Hardi les gas, 5. Fileuse, 6. Carillon ; Menuet favori de Mme de Maintenon, pièce de clavecin reconstituée (1896) ; Six pièces pour clavecin (1901-1905) ; Plage bretonne, souvenir de Trébeurden (1894) ; Semer pour récolter, opéra-comique en un acte (1866) ; Sommeil et triomphe de Bacchus, scène mythologique pour orchestre. Écrits : L'Art du piano, méthode pour les débutants (1880), puis Études complémentaires.