Marcel Joseph Hippolyte Courtonne naît à Nantes le 8 juin 1883 et meurt dans la même ville le 12 août 1954. Prêtre, organiste et compositeur, il occupe une place centrale dans la vie musicale nantaise de la première moitié du XXe siècle, tant par son activité de musicien d'église que par son rôle de pédagogue, de critique et de mémorialiste de la musique régionale.
Après des études au petit puis au grand séminaire de Nantes, il est ordonné prêtre le 19 juin 1906. Il se forme par ailleurs à la Schola Cantorum de Paris, où il a pour maîtres Louis Vierne, Abel Decaux et Vincent d'Indy, dans la tradition de l'art de l'orgue et de la musique sacrée portée par cette institution. Cette double formation, sacerdotale et musicale, marquera l'ensemble de sa carrière, entièrement vouée au service liturgique et à l'orgue.
Sur le plan des fonctions d'orgue, Courtonne est d'abord organiste du chœur de la cathédrale de Nantes de mars 1907 à juillet 1909, avant de devenir, en 1922, organiste titulaire du grand orgue de la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes, poste qu'il conservera jusqu'à sa mort en 1954. À ce titre, il s'implique dans la restauration de l'instrument.
Compositeur, il consacre l'essentiel de son catalogue à l'orgue et à la musique sacrée. Parmi ses œuvres pour orgue figurent une Suite élégiaque (1919), une Toccata en ut mineur et une Cantilène nuptiale (1942) ; on lui doit également des pièces telles qu'un Grand Chœur pour Entrée, des Élévations et une Improvisation sur un thème breton, régulièrement reprises par les organistes. Sa production vocale sacrée comprend notamment une Messe solennelle en l'honneur de Notre-Dame de la Blanche (1932), ainsi que des cantiques spirituels et des pièces pour piano.
Au-delà de la composition, Courtonne joue un rôle déterminant dans la diffusion et l'enseignement de la musique d'église. Il publie d'abord dans Le Journal des organistes, puis fonde en 1934 la revue L'Organiste, qu'il dirige jusqu'en 1951. En 1937, il crée à Nantes une école de musique placée sous le patronage de César Franck, où se forment de nombreux élèves. De 1944 à 1950, il exerce en outre la fonction de critique musical au quotidien Ouest-France.
Témoin et historien de la vie musicale de sa région, il publie en 1953 un ouvrage de référence, Un siècle de musique à Nantes et dans la région nantaise (1850-1950), qui rassemble sa connaissance du milieu musical local. Sa mémoire est honorée à Nantes, où une rue porte son nom.