Henri Potiron naît le 13 septembre 1882 à Rezé (Loire-Atlantique) et meurt le 12 avril 1972 à Roye (Somme). Compositeur, organiste et musicologue, il a consacré l'essentiel de sa vie au service du chant grégorien et de la musique liturgique catholique, dont il fut, en France au XXe siècle, l'un des théoriciens et pédagogues les plus écoutés.
Formé d'abord à Nantes, puis à Paris, il s'oriente très tôt vers la musique sacrée et la pratique de l'orgue. À partir de 1910, et pendant plus de cinquante ans, il occupe sans interruption le poste de maître de chapelle et organiste de chœur de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre — fonction qui en fait le compositeur attitré de l'une des plus importantes scènes liturgiques parisiennes, et qui lui permet de pratiquer quotidiennement le chant grégorien à grande échelle.
En 1923, lorsque le Père Joseph Pothier et l'abbé Camille Bellaigue fondent l'Institut grégorien de Paris, Potiron y est nommé professeur d'orgue. Il y enseigne également la théorie de la modalité grégorienne et l'accompagnement, devenant rapidement l'une des principales autorités françaises sur la question. Ses cours feront l'objet de nombreuses publications : Cours d'accompagnement du Chant grégorien (1933), L'Accompagnement du chant grégorien (1949), L'Art d'accompagner le chant grégorien (1937), tous régulièrement réédités jusque dans les années 1970 et traduits en plusieurs langues.
Compositeur, il laisse une œuvre considérable de musique sacrée : neuf messes polyphoniques (dont plusieurs construites sur des modes grégoriens), de nombreux motets, des accompagnements d'orgue pour le Kyriale Vatican (1929) et le Graduale Romanum (1933), des pièces d'orgue libres, des hymnes pour le diocèse de Paris. Son langage, modal, harmoniquement sobre, se distingue par une grande clarté contrapuntique au service de l'intelligibilité du texte liturgique.
En 1954, il soutient à l'Université de Paris une thèse de doctorat ès lettres, Boèce, théoricien de la musique grecque, publiée chez Bloud et Gay en 1961, qui demeure une référence sur la transmission antique des théories modales. Figure discrète mais omniprésente du paysage musical catholique français du XXe siècle, Potiron prolonge dans le siècle de Maurice Duruflé et de Jean Langlais — un autre Breton — la tradition de l'organiste-compositeur-théoricien née au XIXe siècle.