Jean-Pierre Danigo (1752-1787) compte parmi les figures les plus discrètes de la musique sacrée bretonne du XVIIIe siècle. Musicien vannetais, il exerce son art dans le cadre des institutions religieuses de Vannes durant les dernières décennies de l'Ancien Régime, à une époque où la cité morbihannaise entretenait une vie musicale d'Église active, dans l'héritage lointain de Daniel Daniélis. Sa courte existence — il meurt à trente-cinq ans environ — n'a laissé qu'un mince corpus parvenu jusqu'à nous, dominé par une Messe à quatre voix, orchestre et basse continue, témoignage du style concertant en usage dans les maîtrises provinciales de la fin du siècle.
Longtemps oubliée, sa musique a été tirée de l'ombre en 2008-2009 par la claveciniste et organiste Claude Nadeau, alors en résidence à Vannes, qui fonda l'ensemble baroque Symphonie de Breizh et redonna sa Messe en concert aux côtés d'œuvres de Pergolèse, Haendel et Daniélis. Les rares éléments biographiques fiables proviennent de la notice d'autorité de la Bibliothèque nationale de France et de l'étude musicologique que lui a consacrée Fanny Soulard (Centre de musique baroque de Versailles, 1996). Beaucoup d'aspects de sa carrière — formation, postes précis, éventuelles autres compositions — demeurent à ce jour mal documentés.