Louis Tiercelin naît à Rennes en 1849 (certaines sources, dont WikiRennes et Wikipédia, indiquent le 18 septembre 1846) et meurt à Paramé le 2 juin 1915. Issu d'une vieille famille bretonne profondément catholique, il fait ses études au collège Saint-Vincent puis suit des cours de droit à Rennes. Poète et homme de théâtre, il devient l'une des figures centrales de la renaissance culturelle bretonne du tournant des XIXᵉ et XXᵉ siècles.
Sa vocation littéraire est encouragée par deux maîtres du Parnasse : Leconte de Lisle, qui lui « indiqua la voie qu'il avait à suivre », et José-Maria de Heredia, qui lui enseigna l'art du vers. Dès l'âge de dix-huit ans, Tiercelin fait jouer au théâtre de Rennes deux comédies, L'Occasion fait le larron et L'Habit ne fait pas le moine (1867-1868). Son premier recueil poétique, Les Asphodèles, paraît en 1873, suivi de plusieurs volumes : L'Oasis (1880), Primevère (1881), Les Anniversaires (1887), Les Cloches (1892), Sur la harpe (1897) et La Bretagne qui chante (1903). La critique le décrit comme un poète idéaliste et tendre, porté vers la consolation.
Tiercelin joue un rôle déterminant comme animateur du mouvement littéraire breton. En 1889, il publie avec le compositeur Guy Ropartz Le Parnasse breton contemporain, anthologie réunissant la poésie bretonne de la seconde moitié du XIXᵉ siècle, qui rassemble près d'une centaine de poètes. En octobre 1890, il fonde la revue L'Hermine — l'hermine étant le symbole de la Bretagne —, qu'il dirige pendant vingt-deux ans. Cette revue littéraire et artistique devient une tribune majeure où se côtoient les principaux écrivains bretons de l'époque, parmi lesquels François-Marie Luzel, Anatole Le Braz et Charles Le Goffic. Il avait auparavant fondé et dirigé le journal La Jeunesse.
Du point de vue musical, Louis Tiercelin est avant tout un homme de lettres dont les textes ont nourri l'œuvre de compositeurs, en particulier celle de Guy Ropartz. Leur collaboration la plus célèbre est l'adaptation théâtrale de Pêcheur d'Islande, d'après le roman de Pierre Loti (1886) : Tiercelin en réalise la version scénique et, en 1888, sollicite de Ropartz une musique de scène. Le drame, en plusieurs actes et tableaux, est créé à Paris au Grand-Théâtre le 18 février 1893, le texte ayant été en partie réécrit par Loti lui-même. Tiercelin signe également les livrets d'œuvres lyriques de Ropartz, notamment le drame lyrique en un acte Fethlène et le drame poétique Marguerite d'Écosse.
En 1912, Louis Tiercelin reçoit le prix Rossini de l'Académie des beaux-arts pour La Leçon de vivre, conte lyrique en un acte. Attaché à la Bretagne maritime, il avait élu domicile à Paramé, dans sa villa de Kerazur où il travaillait face à la mer et recevait poètes et écrivains bretons. C'est là qu'il s'éteint en 1915 ; il est inhumé au cimetière de Paramé. Une rue de Rennes porte aujourd'hui son nom.