Théodore Lack naît le 3 septembre 1846 à Quimper, dans le Finistère. Musicien précoce, il est nommé organiste de l'église de sa ville natale dès l'âge de dix ans. À quatorze ans, en 1860, il entre au Conservatoire de Paris, où il étudie le piano avec Antoine François Marmontel, l'harmonie avec François Bazin et reçoit l'enseignement de Lefébure-Wély. Brillant élève, il y remporte de nombreux prix et sort diplômé en 1864.
Sa carrière se confond presque entièrement avec celle d'enseignant. Dès 1863, il commence à donner des cours de piano à Paris et s'impose rapidement comme un pédagogue de renom. En 1864, il est nommé professeur de piano au Conservatoire de Paris, fonction qu'il occupera pendant près de cinquante-sept ans, sans interruption et sans jamais quitter la capitale, jusqu'à sa mort en 1921. De 1875 à 1905, il siège également au comité d'admission et au jury d'examen de l'institution. En 1881, il est distingué du titre d'« Officier de l'Académie ».
Compositeur fécond, Théodore Lack incarne ce que la musique de salon française du XIXe siècle a produit de plus raffiné. Son catalogue, qui dépasse les deux cents numéros d'opus, est presque exclusivement consacré au piano et associe vocation pédagogique et séduction mélodique. On y trouve de nombreux recueils d'études — les Études élégantes, op. 30, les Petites études romantiques, op. 41, les Études de bravoure, op. 43, ou encore les Études spéciales pour la main gauche, op. 75 — destinés à former la technique tout en cultivant le goût. À côté de ces pages didactiques figurent quantité de pièces de caractère et de danses : Tarentelle, op. 20, Boléro, op. 27, Valse espagnole, op. 40, Scènes enfantines, op. 61, ou la très répandue Valse-Arabesque, op. 82.
Une singularité mérite d'être relevée : Lack composa plusieurs œuvres faisant appel au pyrophone, instrument à flammes aujourd'hui tombé dans l'oubli, dont il semble avoir été le seul compositeur à écrire spécifiquement pour lui, notamment une page réunissant voix de soprano, chœur, accompagnement de pyrophone, violoncelle et piano.
Son œuvre la plus durable n'est cependant pas une composition originale : en 1916, il établit, annote et doigte le recueil Les Classiques favoris du piano, vaste anthologie graduée d'œuvres de divers compositeurs. Ce recueil, encore édité et largement employé dans l'enseignement du piano aujourd'hui, a assuré la postérité du nom de Lack bien au-delà du cercle des amateurs de musique de salon. Le compositeur s'éteint à Paris le 25 novembre 1921.