Alan Stivell, né Alan Cochevelou le 6 janvier 1944 à Riom (Puy-de-Dôme), est un musicien, harpiste, chanteur, compositeur et multi-instrumentiste français d'origine bretonne, considéré comme l'un des principaux artisans du renouveau de la musique celtique au XXe siècle. Issu d'une famille bretonne par son père, Georges (Jord) Cochevelou, originaire du Morbihan, et d'une mère aux origines ashkénazes, il grandit à Paris dans un milieu profondément attaché à la culture bretonne.
L'événement fondateur de sa vocation est la reconstruction, par son père au début des années 1950, d'une harpe celtique inspirée des instruments anciens disparus, la telenn. Le jeune Alan, formé au piano dès l'âge de cinq ans auprès de Denise Mégevand, donne sa première prestation publique sur cette harpe le 28 novembre 1953, à neuf ans, à la Maison de la Bretagne à Paris. Il devient ainsi le premier interprète moderne de la harpe celtique bretonne. Parallèlement, il se forme à la cornemuse écossaise et à la bombarde, dirigeant à partir de 1961 le Bagad Bleimor, et remporte plusieurs concours de musique traditionnelle. C'est en 1967 qu'il adopte le nom de scène d'Alan Stivell (« source » en breton).
Sa percée professionnelle survient au tournant des années 1970. L'album Reflets, paru en décembre 1970, rencontre un succès immédiat, suivi en 1971 de Renaissance de la harpe celtique, œuvre instrumentale devenue une référence internationale du genre. Le 28 février 1972, son concert À l'Olympia, retransmis à la radio devant des millions d'auditeurs, marque un tournant : l'enregistrement se vend à plusieurs centaines de milliers d'exemplaires et propulse des titres comme Tri Martolod, son arrangement d'une chanson traditionnelle bretonne, et la Suite Sudarmoricaine sur les ondes européennes. La même année, il se produit au Reading Festival aux côtés d'artistes de la scène rock.
Les années suivantes confirment sa stature. Chemins de Terre (1973) est salué par la critique britannique, et Stivell multiplie les concerts à l'étranger, notamment en Irlande, au Royaume-Uni et en Amérique du Nord. En 1974, il fonde son propre label, Keltia III. Son projet le plus ambitieux, la Symphonie celtique (Tír na nÓg), conçu à la fin des années 1970, est créé en 1980 au Festival interceltique de Lorient avec un imposant ensemble de musiciens, réunissant traditions celtiques et influences venues d'autres cultures du monde.
Dans les décennies suivantes, Alan Stivell poursuit une carrière prolifique en explorant de nouvelles sonorités. The Mist of Avalon (1991) intègre des influences électroniques, tandis que Again (1993), qui réunit des invités prestigieux et reprend ses classiques, contribue à relancer la popularité de la musique celtique auprès d'un large public. Il collabore au fil des ans avec de nombreux artistes et continue de défendre la langue et la culture bretonnes.
Son œuvre lui a valu de nombreuses distinctions, parmi lesquelles l'Ordre de l'Hermine (1994) et le grade de Commandeur des Arts et des Lettres (2012). Toujours en activité dans les années 2020, Alan Stivell demeure une figure tutélaire de la musique celtique, dont l'influence s'étend bien au-delà de la Bretagne.
Œuvres (d'après le Dictionnaire de Vefa de Bellaing) : Brezhoneg 'raok, Reflets, Brocéliande, Delivrance, Ha komprenet 'vin er fin, Digor eo an hent, Pachpi new, Before Landing - Raok dilestrañ, et la Symphonie Celtique - Tir na n'óg (commencée en 1959, enregistrée en 1979). Discographie (Fontana, Keltia, C.B.S.) : Chemins de terre, Reflets, A. Stivell à l'Olympia, Symphonie Celtique - Tir na n'óg.
Source : Vefa de Bellaing, Dictionnaire des compositeurs de musique en Bretagne, Ouest-Éditions, 1992 — notice du compositeur.