Né à Roubaix le 14 août 1865 d'un père breton originaire de Rennes et d'une mère flamande, elle-même prix de piano du Conservatoire de Bruxelles, Paul Dupin commença la musique auprès de sa mère. Devenu sourd par accident dans l'enfance, il percevait des résonances intérieures et des rythmes obsessionnels ; il recouvra l'audition vers quatorze ans.
Monté à Paris en 1887, employé de chemin de fer, il travailla l'harmonie avec le Briochin Émile Durand, puis, en désaccord avec son maître, poursuivit seul. À partir de 1911 il se consacra entièrement à la composition malgré de grandes difficultés matérielles, soutenu par Romain Rolland, Charles Koechlin et Paul Landormy.
Son œuvre la plus singulière est un ensemble d'environ 370 canons de trois à douze voix, que la critique de son temps tint pour « une des réalisations les plus originales du génie contemporain ». Plusieurs forment une suite de paysages sonores inspirés par la Bretagne — Tréboul, Bénodet, Brouillards de Toulven, Kerbili. Paul Ladmirault leur a consacré une étude publiée en 1925.
Notice établie d'après le Dictionnaire de Vefa de Bellaing.