Daniel Devriès, qui signa également ses œuvres sous le prénom d'Ivan, naît en 1909 et meurt en 1997. Il appartient à l'une des plus prestigieuses familles musicales et littéraires françaises : il est le fils du ténor David Devriès et descend, par sa mère, de l'écrivain Théophile Gautier ainsi que de la cantatrice d'origine italienne Ernesta Grisi. Ce milieu, où se croisaient l'art lyrique et les lettres, marqua durablement sa sensibilité artistique.
Après ses études secondaires, Daniel Devriès se forme à la composition selon la tradition académique française. Il travaille l'harmonie auprès de Samuel-Rousseau, puis suit les classes de contrepoint et de fugue de Georges Caussade au Conservatoire de Paris, institution alors centrale dans la transmission du métier de compositeur.
De 1936 à 1974, soit pendant près de quatre décennies, Devriès exerce à la radio en qualité de metteur en ondes. Cette activité, contemporaine de l'âge d'or de la radiodiffusion française et de l'ORTF, l'amène à concevoir de nombreuses illustrations musicales et musiques de scène, genre dans lequel il fut particulièrement actif.
Son langage musical se caractérise par une ouverture aux diverses influences du XXe siècle. On y relève la marque de Claude Debussy, celle de Béla Bartók, ainsi qu'un goût prononcé pour les rythmes issus du jazz. Cette dernière inclination trouve son expression la plus aboutie dans son œuvre majeure, les Trois Mouvements symphoniques sur des rythmes de jazz (1953), dont les trois volets — « Rhapsodie nègre », « Sur un rythme de blues » et « Sur un rythme de rumba » — illustrent une fusion entre l'écriture symphonique et l'idiome rythmique des musiques populaires américaines et afro-américaines.
Devriès aborda aussi le théâtre musical avec Le Clou aux maris, comédie musicale composée entre 1961 et 1963 d'après une œuvre d'Eugène Labiche. Le catalogue du compositeur comprend par ailleurs de nombreuses partitions de scène et illustrations musicales.
La reconnaissance officielle vint en 1961, lorsque Daniel Devriès reçut le Grand Prix musical de la Ville de Paris, distinction qui salua une carrière vouée tant à la création qu'au service de la radiodiffusion musicale française.