Lucie Robert-Diessel, née le 3 octobre 1936 à Rennes et morte le 25 août 2019 dans le 20e arrondissement de Paris, est une pianiste et compositrice française. Issue de Bretagne, elle commence ses études musicales au Conservatoire de Rennes, où elle obtient un premier prix de piano dès l'âge de douze ans, révélant très tôt un talent exceptionnel.
Elle poursuit sa formation au Conservatoire national supérieur de musique de Paris entre 1954 et 1959, où elle accumule un nombre remarquable de premiers prix dans des disciplines aussi variées que l'harmonie, le piano, la musique de chambre, le contrepoint, la fugue et l'accompagnement au piano. Elle y étudie auprès de maîtres réputés tels que Lazare-Lévy, Aline van Barentzen et Tony Aubin. Elle achève son cursus par un premier prix de composition.
En 1965, elle reçoit la plus haute distinction académique française en musique, le Grand Prix de Rome, pour sa cantate La Prophétie de Cassandre, inspirée de l'Agamemnon d'Eschyle. Cette récompense lui ouvre les portes de la Villa Médicis à Rome, où elle réside jusqu'en 1968. Sa carrière de pianiste-compositrice se déploie ensuite sur la scène internationale.
Au Conservatoire de Paris, elle est assistante d'Henriette Puig-Roget à partir de 1969, puis devient professeur, où elle transmet son savoir pendant plusieurs décennies. En 1981, elle épouse le pianiste et compositeur Karl Diessel (1919-2018), avec lequel elle se produit régulièrement en concerts de deux pianos, en France comme à l'étranger.
Son catalogue est abondant et embrasse la musique de chambre, des pages symphoniques et des cycles vocaux. Mais c'est sans doute à la littérature du saxophone que son nom reste le plus durablement attaché. À partir de 1974, avec la création à Rome de Cadenza pour saxophone et piano, elle reçoit de nombreuses commandes pour l'instrument et lui consacre un ensemble important d'opus, comprenant des pièces solistes et des œuvres pour ensembles de saxophones.
Parmi ces pages figurent Passacailles pour saxophone et piano, Magheïa pour saxophone et quatuor (créée en 1976), ou encore Messanuets, écrite pour quatorze saxophones. Cadenza s'est imposée comme un véritable classique du répertoire pédagogique et de concours, jouée par les saxophonistes du monde entier, témoignant de la place singulière qu'occupe Lucie Robert-Diessel dans le renouveau du répertoire de l'instrument à la fin du XXe siècle.