Marcel Labey naît le 6 août 1875 au Vésinet, alors en Seine-et-Oise, dans une famille de magistrats. Conformément à sa tradition familiale, il entreprend des études de droit à Paris et obtient son doctorat en 1898, avant de se consacrer entièrement à la musique. Sa formation musicale est d'abord celle d'un pianiste : il travaille le piano auprès d'Élie-Miriam Delaborde et de Louis Breitner, et l'harmonie avec René Lenormand.
La rencontre décisive de sa vie est celle de Vincent d'Indy, qui l'attire à la Schola Cantorum et fait de lui l'un de ses disciples les plus fidèles. Labey s'inscrit pleinement dans la lignée de l'« esprit franckiste », attaché à la rigueur formelle, au travail cyclique des thèmes et à un idéal de musique élevée hérité de César Franck. Il épouse la compositrice Charlotte Sohy (1887-1955), elle aussi élève de d'Indy, avec qui il forme l'un des couples marquants de cette mouvance.
La carrière de Labey est interrompue par la Première Guerre mondiale : mobilisé, il est blessé à deux reprises et cité quatre fois. De retour, il poursuit son activité d'enseignant et d'animateur de la vie musicale française. À la Schola Cantorum, il enseigne le piano et occupe, jusqu'à la mort de Vincent d'Indy, une fonction de sous-directeur. En 1935, il participe à la fondation de l'École César Franck, qu'il dirige durant de longues années. Il assume également les fonctions de secrétaire de la Société nationale de musique, institution centrale pour la diffusion de la musique française de son temps.
L'œuvre de Labey, de style post-romantique, fait une large place aux grandes formes instrumentales. Il compose quatre symphonies (1903, 1908, la Symphonie n° 3, op. 32 de 1933-1934 dédiée à la mémoire de Vincent d'Indy, et la Symphonie n° 4 de 1940), ainsi que de nombreuses pages orchestrales : une Fantaisie (1900), une Ouverture pour un drame (1920), une Suite champêtre (1922), un Triptyque symphonique (1947), Paysages marins (1952) ou encore une Symphonie pour cordes (1954).
La musique de chambre tient une place essentielle dans son catalogue. On y trouve quatre sonates pour violon et piano (1901, 1924, 1951, 1954), une Sonate pour alto et piano, des quatuors à cordes, un Quatuor avec piano, plusieurs trios, un quintette avec piano et, parmi ses dernières partitions, un Sextuor à cordes. S'y ajoutent des œuvres pour piano seul — dont une Sonate, une Suite et de courtes pièces comme la Petite ronde sur une chanson — des pages pour orgue, des mélodies, ainsi que le drame lyrique Bérangère (1911-1913), créé au Havre le 12 avril 1929.
Marcel Labey meurt à Nancy le 25 novembre 1968, à l'âge de quatre-vingt-treize ans. Resté à l'écart des avant-gardes du XXe siècle, il incarne la continuité d'une tradition française issue de Franck et de d'Indy, dont il aura été l'un des derniers grands représentants, à la fois comme compositeur, pédagogue et organisateur de la vie musicale.
Élève de Vincent d'Indy, ami de Guy Ropartz et de Paul Le Flem, Marcel Labey possédait une villa à Trestraou, en Perros-Guirec (Côtes-d'Armor), où il puisa une part de son inspiration bretonne. Parmi ses œuvres : un 2e Trio (1938) et une 3e Sonate pour violon et piano.
Source : Vefa de Bellaing, Dictionnaire des compositeurs de musique en Bretagne, Ouest-Éditions, 1992 — notice du compositeur.