Théodore Lécureux (parfois recensé sous le prénom complémentaire « Marie ») naît le 1er avril 1829 et meurt en février 1891. Compositeur et pianiste français rattaché à l'esthétique romantique, il appartient à cette génération de musiciens du XIXe siècle dont l'activité s'est concentrée sur la musique de piano de salon et de concert, un répertoire alors très en vogue dans les éditions parisiennes. Les éléments biographiques le concernant sont aujourd'hui extrêmement ténus : aucune notice détaillée ne subsiste dans les grandes encyclopédies musicales accessibles, et son nom n'apparaît qu'à travers les catalogues d'éditeurs et les fonds de partitions libres de droits.
L'essentiel de ce que l'on connaît de lui provient de son œuvre conservée, dont une douzaine de titres sont aujourd'hui répertoriés. Sa production se rattache au genre de la pièce caractéristique et de l'étude pour piano. On lui doit notamment des 3 Études de genre (op. 2), une Étude de concert (op. 7), des Études caractéristiques, ainsi que diverses pages de salon comme la Valse allemande (op. 33), la Soirée bohémienne (op. 38), la Marche slave (op. 42) et plusieurs pièces à programme telles que Le chemin du pardon (op. 29), L'appel des pâtres (op. 34) ou Cristal de roche.
Deux œuvres documentées permettent de préciser son insertion dans la vie musicale de son temps. La Bluette pastorale sur « La légende de Saint Nicolas » (op. 31), pièce pour piano en fa mineur publiée chez Heugel à Paris en 1864, est dédiée à Armand Gouzien (1839-1892), homme de lettres et critique musical originaire de Quimperlé : son thème est emprunté à « La légende de Saint Nicolas » tirée des Légendes campagnardes de Gouzien. Le Souvenir de Nantes (op. 43), impromptu romantique pour piano en ré bémol majeur, paraît vers 1872 chez Durand, Schœnewerk & Cie, à Paris, avec une dédicace « à Madame Lucie Chailliou ». Ce dernier titre, comme la dédicace à une figure liée à la Bretagne, atteste de liens avec l'ouest de la France et explique le rattachement de Lécureux à l'aire bretonne.
La reconnaissance dont Lécureux jouissait dans les milieux musicaux parisiens transparaît aussi par les hommages que lui adressèrent d'autres compositeurs : son nom figure parmi les dédicataires d'œuvres d'Antoine François Marmontel, de Parisot et d'Émile Pessard, signe qu'il était considéré comme un musicien respecté de son temps. Faute de sources biographiques suffisantes, sa carrière, ses lieux d'activité et les circonstances de sa vie demeurent toutefois mal connus, et l'essentiel de sa mémoire repose aujourd'hui sur la conservation de ses partitions.