Portrait de Jean-Frédéric Lemiere de Corvey
Classique

Jean-Frédéric Lemiere de Corvey

1771 – 1832 · Rennes (Ille-et-Vilaine)

Jean-Frédéric-Auguste Lemière de Corvey, né le 3 août 1771 à Rennes et mort le 24 avril 1832 à Paris, est un compositeur, officier, écrivain et dramaturge français dont la double vocation militaire et musicale fait l'une des figures les plus singulières de la période révolutionnaire, impériale et de la Restauration.

Ille-et-Vilaine

Jean-Frédéric-Auguste Lemière de Corvey naît à Rennes (Ille-et-Vilaine) le 3 août 1771 et meurt à Paris le 24 avril 1832. Compositeur, officier de l'Empire, écrivain et dramaturge, il incarne par sa trajectoire une figure très particulière du XIXe siècle français : celle du musicien qui fut aussi un soldat et un homme de plume, et dont l'œuvre se tient à la croisée de l'opéra-comique, de la musique militaire et de la chronique des guerres napoléoniennes.

Formé d'abord à Rennes, il monte à Paris pour étudier l'harmonie auprès d'Henri-Montan Berton, l'un des grands théoriciens de la fin de l'Ancien Régime. La Révolution le détourne vers l'armée : il sert dans plusieurs campagnes sous la Première République puis sous l'Empire comme aide de camp du général Paul Thiébault, prend part aux campagnes d'Espagne, du Portugal et de Pologne, et est fait chevalier de la Légion d'honneur. En 1814, il est mis à la retraite avec le grade de lieutenant-colonel.

Son activité musicale, ininterrompue pendant ses années de service, est considérable. Il fait jouer une vingtaine d'opéras-comiques sur les scènes parisiennes entre 1791 et 1817 : Andronic (1791), Le Cordon de Saint-François (1809), Le Bon Vieux Temps (1810), L'Île de Calypso (1811, sur un livret de François-Benoît Hoffman), Une journée à Versailles (1816). Il compose une vaste production de musique militaire — fanfares, sonneries d'ordonnance, marches de régiments —, plusieurs sonates pour piano, des romances très diffusées et un Manuel de musique militaire (1813), longtemps utilisé par les bandes des armées impériales puis royales.

De retour à Paris en 1817, il tente de vivre uniquement de la musique de théâtre, mais le succès le boude et il doit, pour compléter sa pension militaire, exercer le métier ingrat de correcteur de musique chez les éditeurs parisiens. Il publie en parallèle des ouvrages d'histoire militaire (Des Guerres d'Espagne et de Portugal, 1822-1824) qui le placent parmi les bons mémorialistes des guerres impériales.

Il meurt du choléra à Paris en 1832, dans une relative pauvreté. Sa figure de musicien-soldat-écrivain, longtemps oubliée, a été redécouverte par les chercheurs spécialistes de l'opéra-comique du Premier Empire et de la musique militaire napoléonienne. La BnF conserve l'intégralité de ses manuscrits et partitions imprimées.

Jean-Frédéric-Auguste Lemière de Corvey (1771-1832) – La Bataille de Jéna (1806)

Jean-Frédéric-Auguste Lemière de Corvey (1771-1832) - La Bataille de Jéna (1806)