Paul Martineau, né le 20 août 1890 à Nantes et mort le 14 septembre 1915 à Igny à seulement vingt-cinq ans, est un compositeur français dont la mort prématurée pendant la Première Guerre mondiale a privé l'école musicale bretonne de l'un de ses esprits les plus brillants. Il est l'un des fondateurs, en 1910 et aux côtés de Maurice Duhamel, de l'Association des Compositeurs Bretons.
Cette association, baptisée La Cohorte bretonne par le critique René Dumesnil, rassemble les grandes figures de l'école musicale bretonne du temps : Louis Aubert, Charles-Augustin Collin, Paul Ladmirault, Paul Le Flem, Joseph-Guy Ropartz et Louis Vuillemin. On surnomme parfois ce cercle « Les Huit », par référence aux Cinq russes et au Groupe des Six français — clin d'œil qui souligne l'ambition esthétique collective de ces musiciens régionaux décidés à compter dans le concert national.
Martineau pousse l'engagement breton jusqu'à apprendre la langue bretonne afin de pouvoir communiquer directement avec les musiciens bretonnants de l'association. Sa vision artistique, particulièrement claire, vise à « purger la musique bretonne classique des excès de biniouseries » pour la rendre universelle — formule programmatique qui révèle un esprit exigeant, soucieux de hisser le folklore à la dignité d'un langage savant et international.
Il résume cette ambition par une distinction subtile : il s'agit selon lui de « développer ses idées musicales celtiquement » plutôt que de « développer des idées musicales celtiques ». Le celticisme n'est plus un sujet ou un décor, mais une manière intérieure d'écrire. Il met ce principe en pratique dans sa Petite suite orchestrale, fondée sur des mélodies populaires nantaises et publiée à titre posthume.
Sa mort à vingt-cinq ans — le benjamin de l'Association — est ressentie comme une perte considérable pour le développement de la musique classique bretonne. Avec lui disparaît l'un des théoriciens les plus pénétrants d'une école dont il avait été l'un des fondateurs : son legs, à la mesure d'une vie écourtée, demeure essentiel pour comprendre les fondements esthétiques de la musique bretonne savante du XXe siècle.