Christian Villeneuve naît le 6 juin 1948 à La Roche-sur-Yon, en Vendée, et meurt le 26 juin 2001 à Nantes. Compositeur, organiste et pédagogue, il se forme d'abord à l'orgue auprès d'André Isoir au Conservatoire d'Angers, avant de poursuivre ses études au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, où il travaille la composition, l'analyse et la musique électroacoustique, notamment auprès de Claude Ballif et Marcel Bitsch. À partir de 1976, et jusqu'à sa mort, il enseigne l'écriture musicale au Conservatoire de Nantes, où il marque durablement plusieurs générations d'élèves.
Installé à Sainte-Luce-sur-Loire dans les années 1980 avec son épouse Thérèse et leurs quatre enfants, il mène de front une carrière de pédagogue et une activité créatrice intense. Son catalogue, encore en cours de recension exhaustive, demeure mal daté car de nombreux manuscrits ne portent pas d'indication d'année et peu d'œuvres ont fait l'objet d'une édition.
La musique instrumentale de Villeneuve témoigne d'une grande inventivité, jusque dans les titres souvent ludiques et joueurs de mots. On y trouve des cycles destinés à des effectifs originaux, comme Haut-Boiseries et Prom'nons nous (un recueil de trente-huit pièces pour hautbois), ou encore Enigmes pour quatre clarinettes. La suite pour deux pianos Omégames (1982-1983) déploie une série de mouvements aux titres caractéristiques — Toquedune, Musaniques, Moins que lente, Scandé-dansé. La suite Soludes (1981) est écrite pour flûte et orgue, association de timbres que le compositeur affectionnait. Murailles (1987), commande de l'Orchestre Philharmonique des Pays de la Loire, réunit grand orgue, un important ensemble de cuivres (trompettes, cors, trombones et tuba) et deux percussionnistes, en trois volets : Marches du temps, Rives vivantes et Arches pour mémoire. Parmi les autres pièces marquantes figurent Les Récits, musique de scène pour cordes, électroacoustique, percussions, récitant et ensemble vocal sur des textes d'Yves Cosson, ou encore L'invitation au voyage pour guitare et violoncelle d'après Baudelaire.
La part la plus considérable de son œuvre relève toutefois de la musique vocale et sacrée. Villeneuve compose plus d'une centaine de pièces à usage liturgique — hymnes, cantiques, psaumes, litanies — et de nombreuses messes et oratorios de grande ampleur. La Messe de la Pentecôte lui vaut le premier prix du concours de Locarno en 1982. Il écrit aussi la Messe du Christ-Roi (1985), les Vêpres de Saint-Martin (1986), la Messe de Sainte-Cécile (1991, commande du Festival d'Art Sacré de la Ville de Paris) et la Messe « du Mans ». Son méditation sur la Nativité Sous l'ombre de l'olivier, sur des textes d'A. Riffaud, est conçue pour six voix d'hommes a cappella.
Plusieurs de ses grandes pages furent commandées par d'importantes institutions. L'oratorio Comme un cristal (1991) est créé pour le centenaire de l'achèvement de la cathédrale de Nantes, sur des textes bibliques, pour grand ensemble de cuivres, percussions, chœur, cloches de la cathédrale, récitant et grand orgue. L'oratorio Comme un reflet (1997), sur des textes de Patrice de La Tour du Pin, répond à une commande de Notre-Dame de Paris, tandis que Des chemins de joie (1985) avait été écrit pour le premier rassemblement des chorales liturgiques de Paris, à Notre-Dame. Son œuvre pour orgue seul comprend notamment Une lumière vacillante (1999), les Pièces à convictions (1991) et les Six petits caprices, dont la Fantaisie sur le pincé.
Profondément attaché à l'Ouest de la France et à la vie liturgique, Christian Villeneuve a laissé une empreinte durable comme créateur et comme enseignant. Un colloque d'hommage lui a été consacré à Nantes les 6 et 7 novembre 2021, et la revue Orgues Nouvelles a fait paraître un numéro en sa mémoire.