Jean Paul Marie de Gibon, né le 14 octobre 1873 à Redon et mort en 1952, est un compositeur et pédagogue breton dont la carrière s'est déployée principalement au Conservatoire de Nantes, où il fut longtemps professeur d'harmonie.
Issu d'une famille de propriétaires terriens, il reçoit une formation musicale d'abord familiale : son premier professeur de piano est son grand-père Auguste de Bourmeister Radoskowski, exilé polonais réfugié en France en 1830 après avoir participé à l'insurrection polonaise contre l'occupant russe. Cette ascendance singulière colore durablement son rapport à la musique, mêlant rigueur classique et sensibilité aux traditions populaires.
Après une longue carrière d'enseignement au Conservatoire de Nantes, marqué par la perte de son épouse qu'il aimait par-dessus tout, il se retire dans sa ville natale de Redon. Il y poursuit son œuvre de composition et continue d'exercer une influence rayonnante sur la jeune génération musicale bretonne. Il meurt accidentellement, noyé dans le canal de Redon lors d'une promenade solitaire.
Il laisse un catalogue significatif pour piano, deux pianos et orgue. Sa pièce Un cimetière breton pour piano (1919), dédiée au pianiste Gontran Arcouët, est emblématique de son écriture : effets de cloches par superposition de quintes, harmonies recherchées, recours à la gamme par tons entiers et aux modes du plain-chant. Cette esthétique le rapproche du langage debussyste tout en l'arrimant aux paysages sonores bretons.
Figure très respectée par ses élèves, Jean de Gibon eut parmi eux le jeune Olivier Messiaen, qui se souviendra de cet enseignement décisif. Son rôle dans la formation des musiciens bretons et son apport à un langage musical régional original en font l'une des figures majeures de la pédagogie musicale bretonne du premier XXe siècle.