Né à Bordeaux le 22 janvier 1870, Charles Tournemire se forme au Conservatoire de Paris, où il est le plus jeune élève de César Franck avant de travailler l'orgue auprès de Charles-Marie Widor. Improvisateur exceptionnel, il succède en 1898 à Gabriel Pierné comme titulaire du grand orgue de la basilique Sainte-Clotilde à Paris, tribune emblématique de la tradition franckiste qu'il occupe jusqu'à sa mort.
Son œuvre maîtresse est L'Orgue mystique, vaste ensemble organisé selon l'année liturgique, où il renouvelle profondément l'art de l'orgue par un langage mystique nourri du chant grégorien. Il compose également huit symphonies, des opéras et de la musique de chambre — le Prix Chartier vient récompenser cette dernière en 1911 —, et grave vers 1930-1931 plusieurs improvisations qui témoignent de son génie spontané. Professeur de musique d'ensemble au Conservatoire à partir de 1919, il exerce une influence durable sur l'école d'orgue française.
L'île d'Ouessant, où il fit de longs séjours, traverse une grande part de sa production : Le Sang de la Sirène, op. 27 (légende musicale d'après Anatole Le Braz), Un dimanche à Ouessant, La Proella, op. 25 bis, Le Sabbat des sirènes et surtout la 2e Symphonie « Ouessant » en si mineur, op. 36 (1902-1908). Un nouveau séjour de travail à Ouessant, prévu de 1939 à 1940, fut interrompu par sa mort, survenue à Arcachon le 4 novembre 1939.
Sources : Vefa de Bellaing, Dictionnaire des compositeurs de musique en Bretagne, Ouest-Éditions, 1992 — notice du compositeur ; Wikipédia (fr).