Isidore Chauvin, plus connu sous le nom de Dori Chauvin, naît le 23 mars 1899 au Grand-Fougeray, en Ille-et-Vilaine. Aîné de six enfants, il est le fils d'Isidore Chauvin, horloger, et d'Anne Marie Laumaillé, marchande d'étoffes. Très tôt attiré par la musique, il est initié à l'orgue dès l'âge de onze ans par l'abbé Juhel et tient l'orgue de l'église paroissiale de sa commune natale.
De 1914 à 1917, il poursuit ses études au collège Saint-Sauveur de Redon, où il reçoit l'enseignement du compositeur Frédéric Steiger pour le piano, l'orgue et l'harmonie. Sa formation se prolonge à Rennes auprès de plusieurs maîtres : Charles-Augustin Collin, Joseph Béesau et Constant Bricout pour l'orgue, et Thérèse Vigot pour la composition. Cette formation solide lui ouvre une carrière de pédagogue : dès 1921, il enseigne le solfège, le piano, les cuivres, les bois, l'harmonie et l'orgue.
Sa carrière se déploie d'abord à Saint-Malo, où il est maître de chapelle de la cathédrale de 1928 à 1934, puis enseignant au collège de Saint-Malo de 1934 à 1951, tenant l'orgue de la chapelle de 1937 à 1951 et devenant organiste de la cathédrale en 1945. Musicien polyvalent, il accompagne les films muets — il aurait vu Ben-Hur près de quatre cents fois pour en régler la musique — et se produit comme pianiste de jazz au casino de Saint-Malo. En 1936, il dirige les chorales lors des obsèques malouines du commandant Jean-Baptiste Charcot. De 1948 à 1954, il est directeur musical d'une émission pour enfants à Radio Bretagne.
Le 15 juillet 1953, Dori Chauvin est nommé maître de chapelle et organiste titulaire à vie de la basilique Notre-Dame de Rennes, succédant à l'abbé Louis Divet. Il y joue le grand orgue Cavaillé-Coll, instrument inauguré en 1878 par César Franck, et occupe cette tribune jusqu'à sa mort en 1979. Il préside pendant douze ans l'association des organistes du diocèse de Rennes.
Compositeur prolifique, Dori Chauvin signe 97 opus entre 1929 et 1978. Son catalogue est essentiellement liturgique : de nombreux noëls, des harmonisations de thèmes grégoriens, des motets et pièces pour chœur et orgue, ainsi que sa Messe des anges (1963). Il publie régulièrement dans la revue L'Organiste. À côté de cette production sacrée, il aborde aussi la musique orchestrale, la musique de chambre et des compositions pour la scène, et harmonise des chansons populaires diffusées à la radio parisienne.
Reçu à la SACEM en 1948, il est distingué en 1969 par la médaille de la reconnaissance diocésaine. Marié à Marcelle Ernestine Gillot en 1927, père de huit enfants, il meurt à Rennes le 11 août 1979 et repose au cimetière de l'Est. Son fils André devint prêtre et musicien.