Alice Marie Marguerite Sauvrezis naît le 4 avril 1866 à Nantes et meurt le 12 avril 1946 à Paris, à l'âge de 80 ans. Compositrice, pianiste, cheffe de chœur et organisatrice de concerts, elle compte parmi les musiciennes françaises qui, à la charnière des XIXe et XXe siècles, ont œuvré à la diffusion d'une musique d'inspiration celtique et bretonne.
Elle se forme d'abord auprès de César Franck, puis poursuit ses études avec Ernest Guiraud et Paul Vidal, trois figures majeures de l'enseignement musical parisien de l'époque. Elle exerce comme professeure de piano dans sa ville natale de Nantes, avant de poursuivre sa carrière à Paris.
Engagée dans la vie associative et artistique, Alice Sauvrezis rejoint dès 1891 la Société artistique et littéraire de l'Ouest, dont elle devient la présidente en 1920. À ce titre, elle contribue à organiser des concerts de musique « celtique » et des soirées de lecture poétique, notamment des « Soirées celtiques » données à la Sorbonne, qui mettent en valeur la culture des pays de l'Ouest et de Bretagne. En 1913-1914, elle est la seule femme membre de l'Association des compositeurs bretons, ce qui souligne sa place singulière dans ce milieu.
Pendant la Première Guerre mondiale, elle se fait également éditrice de recueils patriotiques, réunissant des chants de soldats français : Chants de soldats (1525-1915) paraît en 1915, suivi d'Autres chants de soldats (1200-1916) en 1916. Cette activité témoigne de son intérêt pour le répertoire populaire et la mémoire musicale collective.
Son catalogue, qui s'échelonne d'environ 1887 à 1939, est principalement composé de mélodies pour voix et piano — plus d'une trentaine — ainsi que de pièces pour piano et de musique de chambre. Parmi ses œuvres chorales et vocales figurent La Ronde enfantine (1890), pour chœur d'enfants, Nuitamment (1898), pour deux sopranos, baryton et piano, Les Vanneuses (1899), pour chœur de femmes et piano, l'Épigramme funéraire (1907) et l'Hymne orphique (1910), pour soprano, baryton, chœur de femmes, vents et harpes. Sa musique de chambre comprend une Sonate en ré mineur pour violon et piano (1902), des Dialogues pour deux pianos (1913), un Chant sans paroles pour violon et piano (1917) et un Poème pour violoncelle et piano (1920). On lui doit aussi des pages orchestrales comme Fresque marine (1912) et de la musique de scène, dont Une Scène de l'enfance de Beethoven (1906) et Le Chant des pauvres (1913), ainsi qu'un Choral pour l'Offertoire pour orgue (1914).
Plusieurs compositeurs lui ont dédié des œuvres, parmi lesquels Marguerite Balutet et Paul Dedieu-Péters, signe de l'estime dont elle jouissait dans le milieu musical de son temps. Longtemps oubliée, son œuvre fait aujourd'hui l'objet d'un regain d'intérêt, notamment grâce aux travaux de redécouverte du patrimoine des compositrices françaises.
Œuvres (d'après le Dictionnaire de Vefa de Bellaing) : fondatrice des « Soirées celtiques » (Paris, à partir de 1925), où elle dirigea notamment Le Roi Arthur de Purcell. Pour piano : Chant sans parole, Cloches de Pâques, En automne (12 pièces), La Frileuse, Gestes d'enfants ; Sonate en ré pour piano et violon ; mélodies : Calme des jardins, Le Vitrail, Trois novains, Mélancolie (poésie d'Edmond Schmidt).
Source : Vefa de Bellaing, Dictionnaire des compositeurs de musique en Bretagne, Ouest-Éditions, 1992 — notice du compositeur.