Monogramme de Auguste-Joseph Le Guennant
Moderne

Auguste-Joseph Le Guennant

1881 – 1972 · Auray (Morbihan)

Auguste Joseph-Marie François Le Guennant, né à Auray (Morbihan) le 10 janvier 1881 et mort le 17 mai 1972, est un organiste, maître de chapelle et compositeur français spécialiste du chant grégorien. Il étudie à la Schola Cantorum de Paris — l'orgue avec Alexandre Guilmant, la composition avec Vincent d'Indy.

Morbihan

Auguste-Joseph-Marie-François Le Guennant naît à Auray (Morbihan) le 10 janvier 1881 et meurt à Paris le 17 mai 1972. Organiste, compositeur et pédagogue, il est l'une des grandes figures françaises de l'orgue catholique et de l'enseignement du chant grégorien dans la première moitié du XXe siècle, et l'un des fils musicaux les plus accomplis du Morbihan.

Formé à la Schola Cantorum de Paris, il y étudie l'orgue avec Alexandre Guilmant, maître de toute une génération d'organistes français, et la composition avec Vincent d'Indy lui-même. Cette double filiation — pratique et théorique — lui confère un langage robuste, modal, attentif à la grande forme post-franckiste et imprégné de l'esprit scolaste qui faisait alors l'identité de la Schola.

Il occupe d'abord les fonctions d'organiste du grand orgue de Notre-Dame de Clignancourt à Paris, avant de quitter la capitale en 1905 pour prendre la maîtrise de chapelle de Notre-Dame-de-Bon-Port aux Sables-d'Olonne. À partir de 1908, il est nommé maître de chapelle de la basilique Saint-Nicolas de Nantes, où il poursuit pendant près de vingt ans une activité de composition liturgique et de direction chorale qui marque profondément la vie musicale de la cathédrale.

En 1925, à la mort du Père Joseph Pothier, il est appelé à Paris pour prendre la direction de l'Institut grégorien de Paris, fondé en 1923 par le Père Pothier, et en devient simultanément le professeur principal de chant grégorien — succession qui le place au sommet de la science grégorienne française. Il y forme pendant un quart de siècle l'élite des organistes liturgiques français.

Lorsque Maurice Duruflé envisage à la fin des années 1940 de composer un Requiem fondé sur le chant grégorien, c'est à Le Guennant qu'il s'adresse pour le conseil scientifique sur la prosodie, l'authenticité des modes et la conduite des cadences. La filiation se prolonge : en 1960, Duruflé lui dédie ses Quatre Motets sur des thèmes grégoriens, l'une des partitions les plus jouées du XXe siècle français.

Composition, Le Guennant a laissé un corpus considérable d'œuvres liturgiques : neuf messes polyphoniques, plus d'une centaine de motets, des accompagnements d'orgue pour le Kyriale et le Graduale, et plusieurs pièces de concert pour orgue qui prolongent l'héritage de Tournemire et de Vierne. Sa ville natale d'Auray et le diocèse de Vannes entretiennent aujourd'hui sa mémoire à travers des cycles de concerts et la préservation de son fonds musical.