Lucien Louis Jean Haudebert naît le 10 avril 1877 à Fougères (Ille-et-Vilaine) et meurt le 24 février 1963 à Paris. Compositeur fortement attaché à sa Bretagne natale, il appartient à cette génération de musiciens français nés autour de 1880 qui ont concilié l'héritage post-franckiste, l'influence de Fauré et l'inspiration régionaliste.
Fils d'une famille fougeraise, il reçoit ses premières leçons à cinq ans de l'organiste de l'église Saint-Léonard, et joue son premier prélude de Bach à sept ans. Ses parents, en bourgeoisie commerçante, le destinent au négoce : il étudie la philosophie au collège de Laval, puis obtient un diplôme des Hautes Études Commerciales, conformément à la volonté paternelle.
Musicalement autodidacte pour l'essentiel, il s'installe contre l'avis familial à Paris où il fait la connaissance de Gabriel Fauré, alors organiste de l'église de la Madeleine, qui lui dispense des leçons particulières — interrompues par une grave anémie dont Haudebert souffrira sa vie durant. Cette filiation faurienne marquera profondément son langage harmonique, par son raffinement modal et sa retenue expressive.
Catholique pratiquant, il épouse en 1907 à Paris la poétesse protestante Mary (1879-1958), qui fournira de nombreux textes à ses mélodies et ouvrages choraux : leur collaboration constante donne au catalogue de Haudebert sa coloration vocale et littéraire dominante. Bien qu'il ait composé une œuvre instrumentale abondante — sonates pour violon, quatuor à cordes, suites pour piano, deux symphonies — ce sont ses pièces vocales et chorales (cantates, motets, mélodies, oratorios) qui constituent l'essentiel de son apport.
Harmoniquement conservateur, fidèle à un langage post-romantique élargi, il colore régulièrement son écriture instrumentale d'inflexions modales et de motifs traditionnels bretons — notamment dans la Suite armoricaine, les Visions bretonnes pour piano et les Trois mélodies sur des poèmes de Théodore Botrel. Il est honoré en 1945 du prix Paul Dukas. Le diocèse de Rennes et la ville de Fougères entretiennent aujourd'hui sa mémoire à travers concerts et expositions consacrés à son patrimoine musical sacré.